David Himbert - Photographe Montréal

Derrière l’image - Une couverture atypique pour le Figaro Magazine

Ça commence par un courriel. Le genre de courriel qu’un photographe adore recevoir :

Si ça m’intéresse? Faire la couverture du Figaro Magazine? En général tu réponds oui et tu réfléchis après. Entre les deux, tu te réjouis d’une si belle commande!

Une fois passé ce petit moment d’euphorie, place au défi! Je vais devoir photographier Mathieu Bock-Côté en studio à Montréal  pendant que la journaliste française Sonia Mabrouk sera photographiée à Paris (COVID-19 oblige) par Fred Stucin et il faudra qu’ils aient l’air ensemble.

Avec l’avantage du décalage horaire, le shooting a Paris aura lieu une heure avant le nôtre, ce qui fait que le fardeau de la cohérence me revient!

Mais ce qui est génial quand on travaille avec des grandes rédactions comme celle du Figaro, c’est que ce sont des professionnels et les briefs sont toujours très clairs, comme en témoignent ces photos d’inspiration et cette maquette avec un faux Bock-Côté et une fausse Sonia Mabrouk!

C’est le Jour J. Je suis dans mon studio du Mile-End, concentré. Ma lumière est prête, je peaufine l’effet gris-bleu sur le fond, et j’attends mon modèle. 

Mais j’attends surtout des nouvelles de Paris! J’ai demandé à voir une photo de Sonia Mabrouk, pour m’ajuster au besoin.

Et les deux sont arrivés en même temps… prêt pas prêt, j’y vais!

Mathieu Bock-Côté est tiré à quatre épingles. Ça tombe bien parce que Sonia Mabrouk, sur la photo que je viens de recevoir, est magnifique.

Je brise la glace: “Vous savez Mathieu, je viens d’une famille ouvrière dont le principal projet était de pendre le dernier des patrons avec les tripes du dernier des curés, alors faire la couverture du Figaro Magazine avec vous dessus, c’est sûr, ils vont me renier!”. Il éclate de rire, je lui demande de mettre une cravate rouge, et la séance débute dans une atmosphère détendue.

Mon invité est sympathique et avenant, rien pour m’aider à reconquérir les grâces familiales. J’ai un oeil sur lui, un oeil sur la photo de Sonia, et un oeil sur le brief. Lumière, fond, choix de la focale, texture, profondeur de champ, postures, proportions, rien ne doit être laissé au hasard, même si la commande n’est pas de créer une illusion, mais plutôt une cohérence.

Une heure et demie plus tard, it’s a wrap, je pense qu’on a bien travaillé. Mon modèle s’en va, c’était un shooting important pour lui aussi, il est satisfait et moi j’ai hâte d’envoyer tout ça à Paris.

La semaine suivante,  le numéro était en kiosque et toutes les parties prenantes bien heureuses du résultat. 

C’est une histoire de photo de couverture, mais c’est aussi une histoire de pandémie, une de plus, qui illustre que les humains sont faits pour être ensemble, quels que soient les obstacles!

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Acheter une photo en édition limitée

Quand on achète une oeuvre en édition limitée, on veut s’assurer que ce ne sont pas que des mots, mais un vrai engagement ! 

Voici la procédure que je suis quand je vends une de mes photos en édition limitée :

D’abord, dans la description du produit, je précise le nombre de tirages de l’édition limitée, et le nombre de tirages restants.

Ensuite, puisque l’oeuvre doit être unique, elle doit être numérotée et signée. La numérotation et la signature doivent apparaître sous l’image si un bord blanc l’entoure, sinon elles figurent au dos du tirage. En aucun cas elles ne doivent faites sur l’image !

Pour garantir une parfaite transparence et garder une trace de l’authentification du tirage, je procède ensuite à un enregistrement de la pièce sur le site myartregistry.com.

Enfin, je remets à l’acheteur un certificat d’authenticité daté et signé, sur lequel figure le même numéro d’identification que celui sur le tirage.

Voilà, la pièce est maintenant unique!

Pour un photographe, choisir de vendre ses images en édition limitée est une décision importante car il s’engage, contractuellement, à ne pas ré-imprimer de copies de l’oeuvre une fois la série épuisée.

C’est la raison pour laquelle les acheteurs sont prêt à payer plus cher, et la moindre des choses est de procéder dans les règles de l’art !

Boutique en ligne : https://www.davidhimbert.com/collection

David Himbert est un photographe indépendant basé à Montréal (Canada), représenté à Paris par le Studio Hans Lucas (diffusion AFP & Reuters) et à New York par l’agence Polaris.


Derrière l’image - Le sourire de Sophie Brochu

Quand Josée Panet-Raymond, la rédactrice en chef de l’Itinéraire, m’a demandé de photographier Sophie Brochu pour la couverture du numéro d’avril, j’ai commencé à réfléchir à la façon dont j’allais aborder ce portrait. 

Ma méthode de travail est toujours la même, je laisse monter les mots-clés dans ma petite tempête cérébrale intérieure. Pour Sophie, c’est sans surprise que se sont succédés les mots “leader”, “femme”, “authenticité”, “charisme”, “différence”, “succès”, “engagement”, “chaleur”, “simplicité”, etc. 

Mais quand je fais cet exercice, le même mot revient toujours et s’additionne aux autres, peu importe qui est devant moi: l’intimité. J’ai la conviction qu’un portrait réussi, c’est quand la personne que je photographie abandonne, parfois pour une seule petite seconde, son devoir de paraître. Quand elle te fait le cadeau de laisser apparaître pour un instant sa vérité profonde et intime. Quand elle accepte de l’échapper.

Quand Sophie Brochu est arrivée, elle a validé très vite la liste des mots-clés qui étaient sortis de mon petit brainstorm. La présidente d’Hydro Québec était chaleureuse, authentique et désarmante de simplicité.

Et puis l’entretien a commencé avec Agathe Melançon, camelot à l’Itinéraire (métro Lionel-Groulx) et amoureuse des mots. C’était la première fois de sa vie qu’Agathe faisait une entrevue. Moi je me promenais dans la pièce et je prenais quelques photos.

Sophie Brochu, présidente d’Hydro Québec

En écoutant les deux femmes dans cette rencontre improbable, un mot a effacé tous les autres: la bonté. La générosité, oui, mais avec ce quelque chose de plus et d’indicible qui te fait réaliser que ce qui anime Sophie Brochu, c’est une profonde bonté et c’est ce qui devra ressortir du portrait que tu feras d’elle après l’entrevue.

Dans son éditorial du numéro d’avril, Josée Panet-Raymond relate cette anecdote:
”[…] D’ailleurs, l’une des questions posées pouvait être interprétée à deux niveaux. Sophie a alors demandé à Agathe comment elle devait y répondre. Cette dernière lui a dit : « Réponds avec ton cœur ».”

J’ai la conviction que le sourire de Sophie sur la photo de couverture, qui laisse apparaître, je crois,  cette bonté que j’ai ressenti pendant l’entrevue, je le dois à Agathe qui a su créer un lien unique et intime avec Sophie Brochu.

Agathe Melançon et Sophie Brochu

Pour faire un don à l’Itinéraire ou acheter des cartes-repas, cliquez ici.

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